Beaucoup de startups ne meurent pas faute d'idée ou de clients, mais faute de trésorerie au mauvais moment. Deux indicateurs permettent d'éviter cette issue : le burn rate et le runway.

Les définitions

Le burn rate brut correspond à ce que vous dépensez chaque mois : salaires, loyers, outils, marketing. Le burn rate net retranche les encaissements, et c'est lui qui compte.

Le runway est la trésorerie disponible divisée par le burn rate net : le nombre de mois avant d'être à court d'argent si rien ne change.

Exemple : 300 000 € en banque et un burn net de 25 000 € par mois donnent douze mois de runway.

Pourquoi c'est vital

Une levée de fonds prend en général plusieurs mois, entre la préparation, les rendez-vous et la signature. Commencer à lever avec trois mois de runway, c'est négocier en position de faiblesse, ce qui pèse sur votre valorisation.

Une règle de prudence courante : lancer la levée suivante avec au moins six à neuf mois de runway devant soi.

Réduire le burn intelligemment

Les salaires sont souvent le premier poste : chaque recrutement doit être justifié. Le logement et les bureaux pèsent aussi, et les partager réduit fortement les coûts fixes au démarrage.

Faites l'inventaire de vos abonnements chaque trimestre. Et pensez aux aides publiques non dilutives, qui allongent le runway sans céder de capital.

Construire un plan simple

Un plan de trésorerie tient en quatre étapes :

  • un tableau mensuel sur 18 mois : encaissements, dépenses, trésorerie de fin de mois ;
  • trois scénarios : prudent, central, optimiste ;
  • une mise à jour chaque mois avec les chiffres réels ;
  • des seuils d'alerte qui déclenchent une réduction des dépenses.

Conclusion

Burn rate et runway disent combien de temps il vous reste pour prouver que votre projet fonctionne. Suivis chaque mois, ils vous évitent de lever dans l'urgence et rassurent les investisseurs.

Reliez toujours ce plan à vos métriques clés. Combien de mois de runway avez-vous aujourd'hui, et le savez-vous sans ouvrir de tableau ?