Au pre-seed, aucune formule ne donne « la bonne » valorisation : il n'y a ni revenus stables ni historique. Ce qui compte, c'est la dilution que vous acceptez et les jalons que vous pourrez atteindre avec l'argent levé.
Raisonner à l'envers
Plutôt que de partir d'un chiffre, partez de vos besoins. Combien vous faut-il pour atteindre le prochain jalon convaincant, avec une marge ? Le calcul se fait à partir de votre burn rate et de votre runway.
Demandez-vous ensuite quelle part du capital vous êtes prêt à céder. La valorisation découle des deux : montant levé ÷ pourcentage cédé = valorisation post-money.
La meilleure valorisation n'est pas la plus haute. C'est celle qui vous permet de lever à nouveau, plus haut, dans dix-huit mois.
Ce qui fait monter ou baisser la valorisation
Quatre éléments la tirent vers le haut :
- l'équipe : expérience, complémentarité, preuves d'exécution ;
- la traction : premiers clients payants, croissance, rétention, même modestes ;
- la concurrence entre investisseurs : deux offres valent mieux qu'une ;
- le secteur : certains marchés justifient des montants plus élevés.
À l'inverse, une table de capitalisation encombrée, un marché mal compris ou l'urgence de lever avec deux mois de trésorerie jouent contre vous.
Le piège de la valorisation trop haute
Une valorisation gonflée fait plaisir aujourd'hui, mais elle place la barre très haut pour le tour suivant. Si vos progrès ne suivent pas, vous risquez un tour à la baisse, douloureux pour tout le monde.
Conclusion
Au pre-seed, la valorisation se déduit de vos besoins et de la dilution acceptable, puis s'ajuste selon l'équipe et la traction. Visez le chiffre qui rend le tour suivant possible, pas le plus flatteur.
Si vous ne voulez pas trancher tout de suite, le BSA AIR permet de repousser la question. Savez-vous quel jalon précis votre prochaine levée doit financer ?


